LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Ressource : la lettre « Socle commun » de l’académie de Strasbourg

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Le GTII de l’académie de Strasbourg, qui rassemble des inspecteurs, des formateurs, des enseignants, publie une lettre d’informations sur le socle commun, à un rythme semestriel, qui propose en quelques pages des actualités, réflexions, un dossier central et quelques témoignages de praticiens de terrain.

Le premier numéro (automne 2011) porte sur l’expérience menée dans plusieurs collèges de « conseil du socle ». Il ne s’agit pas de conseil de liaison entre le CM2 et la 6ème, mais plus d’une variante d’un conseil pédagogique. En effet, le conseil est décrit comme « un élément qui viendra appuyer une démarche davantage centrée sur la pédagogie et les apprentissages. » Les conseils du socle sont conçus comme des temps de concertation, d’échanges et de validation du socle commun.

Une pratique très intéressante est de baliser selon chaque année les validations possibles des compétences :

  • En 6ème, pour faire le point sur les acquis de CM2 afin de garantir le palier au plus tard en fin de 6ème
  • En fin de 5ème, il est possible de valider les compétences 2 (maîtrise d’une langue étrangère au niveau A2) et 4 (B2i)
  • En fin de 4ème, les compétences 6 (compétences sociales et civiques) et 7 (autonomie et initiative) peuvent être validées
  • En 3ème, il est prévu deux conseils de socle pour assurer validation et remédiation (décembre, fin mai).

Notre avis

Cette stratégie nous semble pertinente, car les temps de validation sont donc balisés et dilués sur le temps long de la scolarité au collège, ce qui évite les validations à la va-vite en fin de 3ème, respectant en cela l’idée d’une acquisition progressive du socle commun. Il est aussi pertinent de consacrer les temps de concertation à la définition a priori de principes communs et d’une stratégie de validation, ce qui évite le temps perdu à agir isolément et la confusion au moment de la validation.

Néanmoins, les professeurs soulignent que le lien entre le primaire et la collège, à travers les livrets fournis, n’est pas évident. Un point à travailler encore, mais prévu dans la nouvelle loi d’orientation.

Le deuxième numéro (mars 2012) présente un dossier sur la fameuse « tâche complexe » avec quelques exemples disciplinaires.

La tâche complexe est définie ainsi que des indications pour mener à bien, de manière pédagogique, cette tâche complexe. Loin d’être une prescription restreignant la liberté pédagogique des enseignants, le dossier, précise que cette approche « n’a pas vocation à être proposée de façon systématique : chaque professeur trouvera les moments les plus propices dans chacune de ses classes. »

La tâche complexe permet au final :

  • de donner du sens aux apprentissages en confrontant les élèves à des situations nouvelles, innovantes, plus ancrées dans le réel
  • d’aller vers une pédagogie différenciée
  • de porter un autre regard sur l’élève
  • de s’adresser à tous les élèves

Notre avis

Dans les expériences présentées, nous aurions apprécié de voir figurer un exemple concernant l’école primaire, tant il semble évident que l’approche par compétences y est intégrée (sans doute à cause des livrets) alors que ce n’est pas le cas. Mais nous aurions également apprécié de voir figurer des exemples de tâches complexes interdisciplinaires et des tâches qui permettent aux élèves de travailler notamment les compétences 6 et 7. Mais il est évident que réaliser avec ses élèves une tâche complexe dans sa discipline est un premier pas indispensable.

La troisième lettre (juin 2012) comprend un dossier  intitulé « communiquer autour du socle commun » avec des exemples de fiches conçues pour être distribuées aux élèves et à leurs familles, dans l’exigence d’un langage simple et compréhensible. Des conseils sont distillés envers professeurs et équipe pédagogique pour donner du sens au travail par compétences. Ainsi, « une grille de positionnement simple et lisible peut être jointe aux bulletins », ainsi un item peut être acquis pour un niveau donné, seulement, ce qui montre « que différents niveaux d’acquisition d’un item existent tout au long de la scolarité de l’élève ».

Notre avis

Ce dossier décortique de nouveau les pièges du LPC pour faire de la pédagogie le coeur du socle commun. Mais il est difficile de s’affranchir de la logique des items, qui à notre sens fragmente de trop la compétence et de fait la communication. Cette réserve ne sera levée que par la définition de réelles compétences disciplinaires et de leur degré de maîtrise, en lien avec les programmes.

La lecture de cette lettre académique sur le socle commun permet d’approcher de près le travail réalisé dans les écoles et collèges. Bien loin de caricatures véhiculées sur une prétendue « usine à cases », le socle commun y constitue à la fois un levier de transformation pédagogique et un horizon partagé pour la réussite de tous les élèves.

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À propos de Anthony Lozac'h

Prof d'Histoire-Géographie s'intéressant à la pédagogie et aux questions éducatives, militant syndical au Se-Unsa.

Information

Cette entrée a été publiée le 20 décembre 2012 par dans Éléments de réflexion, Témoignages.

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