LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Désir et plaisir d’apprendre avec les compétences – une expérience en classe de 5e

Sur le site de la MAPIE, de l’académie de Créteil, une monographie, réalisée par deux enseignantes du collège Jean-Baptiste VERMAY de Tournan-en- Brie, Kareen LAHANA, professeure de français et Yuna Saucey, professeure d’histoire-géographie, éducation civique, décrit le projet d’une classe de 5e évaluée par compétences. 

En introduction, les professeures expriment leurs motivations, parmi lesquelles :

  • le désir de s’impliquer dans un travail d’équipe et d’accroître le travail interdisciplinaire
  • la possibilité de mettre en action, d’une manière intéressante, le socle commun et d’évaluer autrement
  • une volonté de faire évoluer leurs pratiques, de travailler autrement avec les élèves, de changer les dispositifs pédagogiques dans un souci d’efficacité
  • donner plus de sens aux apprentissages, établir une meilleure communication avec les élèves pour éviter démotivation et décrochage.

La première partie du dossier de 48 pages répond à cette question : pourquoi mettre en place l’évaluation par compétences ?

La premier argument porte sur la critique de l’évaluation chiffrée traditionnelle, qui entraîne la démotivation chez certains élèves. Oser changer ses pratiques passe ensuite par un changement de posture pour l’enseignant et un changement de regard sur l’élève. Le travail par compétences permet ainsi de clarifier les objectifs, d’évaluer plus finement les réussites et progrès des élèves, de reconnaître réellement le droit à l’erreur. Abandonner les notes permet de plus de remettre en question la notion de « niveau scolaire » et les étiquettes qui conditionnent bien souvent la réussite ou l’échec.

Ensuite, le travail par compétences leur a permis de faire entrer les élèves dans les secrets de fabrique de l’évaluation, pour favoriser au final les apprentissages. Associés à cette réflexion, les élèves se sentent responsabilisés et perçoivent mieux les finalités. Les enseignantes ont dû adapter le livret personnel de compétences pour construire un référentiel communiqué aux familles en lieu et place du bulletin trimestriel. Toutes les compétences ne sont pas évaluées systématiquement. Le principal objectif poursuivi est la maîtrise de la langue. La poursuite de cet objectif est facilitée par l’explicitation des compétences et par le travail interdisciplinaire. Les professeures expliquent notamment que ce travail commun leur permet de gagner du temps en partageant des notions communes, ici sur le Moyen Age par exemple. Ainsi le fait de consacrer, pour l’enseignement de l’histoire-géographie, une heure par semaine au travail par projet, n’a-t-il pas nui à la progression du programme.

Enfin, afin de motiver les élèves et de construire leur autonomie, un blog pédagogique a été ouvert pour accompagner le projet, que vous pouvez découvrir à cette adresse :

http://www.weblettres.net/blogs/?w=6e4projetvermay

Où l’on constate que le projet se poursuite en classe de 4e cette année !

La deuxième partie du dossier explique comment, dans la pratique, partir du ressenti des élèves et favoriser leur réflexion. C’est une partie axée sur la pédagogie utilisée en classe en Français et en Histoire-Géographie, avec des exemples d’activités, de consignes données, des explications sur les méthodes employées pour atteindre les objectifs.

La troisième partie porte sur la façon de procéder pour travailler par projet pour faire se répondre les disciplines. Deux projets sont décrits, l’un portant sur « notre environnement » en classe de 6e, l’autre sur le « Moyen Age » en 5e. Dans l’organisation de l’année, trois semaines banalisées sont organisées et conçues comme des moments forts pour la vie de groupe et pour mener des apprentissages différents, en lien avec le travail réalisé dans l’année.

En conclusion, les professeures estiment que le bilan est positif mais qu’il y a aussi des leçons à tirer. Si globalement le climat de travail est amélioré, et si tous les élèves se sentent intégrés et partie prenante des activités, certains élèves sont inquiets d’un retour à la note en classe de 3e. Cette classe bénéficie finalement de plus d’attention, d’un fonctionnement privilégié au sein du collège, ce qui en fait toujours une classe à part. Ces bémols, ou interrogations, n’ont pas suffi à empêcher l’équipe pédagogique de poursuivre le projet en 4e, même s’il peut s’avérer lassant pour les professeurs et les élèves de travailler ensemble sur plusieurs années.

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À propos de Anthony Lozac'h

Prof d'Histoire-Géographie s'intéressant à la pédagogie et aux questions éducatives, militant syndical au Se-Unsa.

Un commentaire sur “Désir et plaisir d’apprendre avec les compétences – une expérience en classe de 5e

  1. Kareen Lahana
    23 septembre 2012

    Tout d’abord, je vous remercie de l’intérêt que vous portez à cet écrit, reflet du travail de toute une équipe pédagogique depuis 2 ans.
    Je voulais également vous signaler et vous recommander la lecture du « tome 1 » des aventures de la classe expérimentale du collège J.B. Vermay, monographie écrite par nos collègues d’arts plastiques et SVT :
    http://www.mapie.ac-creteil.fr/spip.php?article245
    Je découvre ce site qui pourra nous être d’une aide précieuse. Merci et bravo à vous pour ce travail.
    Amitiés,
    Kareen Lahana

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Cette entrée a été publiée le 12 septembre 2012 par dans Témoignages.

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