LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Xavier Nau : Il faut réussir le socle pour réduire les inégalités à l’école

L’avis sur « les inégalités à l’école » voté à la quasi-unanimité par le Conseil économique, social et environnemental en septembre 2011 préconise un certain nombre de mesures pour réduire ces inégalités, et notamment de mettre véritablement en œuvre le socle commun de connaissances et de compétences.

À condition d’être bien mise en œuvre, cette réforme capitale présente à mes yeux quatre intérêts majeurs. En premier lieu, elle assigne à l’école une obligation de réussite pour tous, en imposant de mener chaque classe d’âge au niveau de fin de 3ème. Toutes les études montrent combien l’allongement de la scolarité et notamment l’abandon du palier d’orientation en 5ème avait bénéficié à tous et en particulier aux enfants issus de milieux défavorisés. Que cet objectif de réussite figure dans une loi d’orientation sur le système scolaire ne doit pas laisser penser que les conditions de la réussite sont du seul ressort de l’école : conditions de logement, mixité sociale de l’habitat, ressources des parents, tout cela et d’autres facteurs encore doivent être pris en compte. Mais cette réforme du socle commun constitue un maillon essentiel de la lutte pour la réussite de tous.
En deuxième lieu, l’entrée par les compétences permet au jeune de se découvrir capable de savoirs faire transversaux, donnant sens aux savoirs qu’on lui demande d’acquérir, de construire. Bien entendu, il faut préciser la notion de compétence dans un contexte scolaire, ce n’est pas celui de l’entreprise qui relève d’une autre logique.
L’acquisition du socle commun est l’objectif de l’école comme du collège, ce qui place ce dernier comme l’aboutissement de la scolarité obligatoire et non plus seulement comme l’antichambre du lycée général pour ceux qui peuvent y accéder. Cette réforme oblige désormais à piloter le collège autant par l’amont que par l’aval.
Enfin, elle devrait amener à modifier radicalement le mode d’évaluation : non plus noter tout le monde en même temps pour constater qu’à chaque fois les mêmes ont moins bien réussi que d’autres, mais valider l’acquisition des compétences au fur et à mesure qu’elles sont acquises, chacun selon son rythme : école de la réussite et non plus machine à trier et donc à éjecter.

Encore faudrait-il que cette réforme soit appliquée et non dénaturée comme elle l’a été, voire sabotée : baisse des postes certes, mais aussi absence d’une formation indispensable pour que les enseignants s’approprient le sens de cette réforme et la façon de la mettre en œuvre, retards inadmissibles de la mise en conformité des programmes, renforcement des évaluations contre-productives en primaire, absence totale de cohérence par exemple pour le DNB.

Xavier Nau

Membre CFDT du CESE et rapporteur de l’avis sur les inégalités à l’école.

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À propos de Guillaume Touzé

Secrétaire fédéral Sgen-CFDT secteur politique éducative

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Cette entrée a été publiée le 21 mars 2012 par dans Contributions.

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