LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Témoignage : du constat des difficultés à la valorisation des acquis, dans un collège de la Somme

Le projet que nous menons actuellement au Collège Aristide Briand de Chaulnes n’est pas né d’une réflexion sur l’évaluation par compétences mais sur l’envie de prendre en compte les difficultés et de mesurer les progrès individuels de chaque élève. Gageure que tout enseignant tente de mettre en place dans sa pratique : tous les ouvrages, les formations pour adopter une pédagogie différenciée le prouvent. Bien souvent, cette différenciation atteint ses limites dans l’évaluation : on propose les mêmes évaluations à tous les élèves, les élèves en difficultés ont la même charge de travail que les autres et par conséquent les résultats sont souvent en-deçà de la moyenne.

C’est pourquoi, avec une collègue d’Histoire nous avons voulu évaluer les élèves en nous libérant de ces contingences. Nous voulions que l’élève face à l’évaluation puisse choisir, au vu de ses résultats aux évaluations formatives, les « items » sur lesquels il se sentait capable de s’évaluer. Nous voulions personnaliser l’évaluation, que l’élève ait un regard critique sur ce qu’il sait faire de ce qu’il ne maîtrise pas. De fait, il fallait trouver une alternative aux notes : les compétences se sont imposées à nous. Elles permettaient d’être plus lisible dans ce qu’on évaluait afin que l’élève puisse effectuer son choix lors de l’évaluation, elles permettaient plus de souplesse dans les résultats donnés à l’élève. Nous pouvions donner deux résultats à l’élève : un qui mesurait ses progrès individuels (par rapports aux choix opérés), un autre par rapport à l’ensemble des compétences visées. Ce système permet de donner confiance à l’élève tout en lui montrant qu’il lui reste à acquérir.

Intéressée par cette nouvelle façon d’évaluer les acquis des élèves, une équipe d’enseignants s’est engagée à nos côtés l’année suivante. L’évaluation chiffrée fut remplacée par une évaluation par compétences. Il a donc fallu travailler par disciplines pour lister des compétences et en interdisciplinarité pour les compétences transversales. Par ailleurs, il nous a fallu recréer des documents officiels tels que le bulletin trimestriel, ou inventer d’autres documents comme un livret de suivi des acquisitions. Face aux mêmes difficultés, aux mêmes questionnements, aux mêmes envies de renouveau, nous avons beaucoup échangé sur nos pratiques respectives. D’année en année, les outils se sont affinés et n’ont fait que motiver davantage les collègues : le projet s’est étendu ensuite à l’ensemble du niveau sixième, cinquième et quatrième.

Le travail par compétences a permis d’éviter le décrochage scolaire des élèves en difficultés. Ceux-ci ont compris qu’une compétence n’est pas acquise pour un temps donné mais peut l’être ultérieurement. Ils sont par conséquent plus impliqués dans l’évaluation et comprennent davantage ce qui est en jeu.

Grégory Michel, professeur de Lettres

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Cette entrée a été publiée le 15 mars 2012 par dans Témoignages.

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