LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Témoignage : une mise en œuvre concrète, un dispositif astucieux

Dans mon collège, l’équipe de mathématiques a décidé d’une douzaine d’items qu’elle peut prendre en charge par rapport aux pratiques de classe habituelles. Par exemple, il est d’usage de relever les cahiers de cours pour voir comment les élèves ont recopié les leçons et tout naturellement, l’item de la compétence « maîtrise de la langue française » qui porte sur la copie d’un texte peut être évalué par le professeur de mathématiques.

Mais cela ne nous suffisait pas.

Comment, dans le cadre de la classe, entrainer et évaluer les élèves sur des tâches complexes inédites ? Comment s’autoriser à prendre du temps sur l’apprentissage des programmes pour regarder les élèves mobiliser, trier et combiner des ressources déjà acquises ? Comment et sur quoi les observer manier cet outil précieux qu’est le couteau suisse à différentes lames pour résoudre des problèmes ?

Nous avons choisi de réserver une semaine quatre fois par an à ce nouveau type de travail. Nous les nommons les semaines « fil rouge » car elles reviendront tous les ans de la 6e  à la 3e. En 6e et en 5e, il s’agit de faire découvrir et d’entrainer les élèves. L’évaluation en vue de la validation n’est proposée qu’en fin de 4e et en 3e.

Chaque semaine « fil rouge » de quatre heures est consacrée à un thème de problèmes. Ces thèmes recouvrent les quatre  domaines des mathématiques au collège ainsi que les quatre items spécifiques de la compétence 3. Nous y trouvons aussi de quoi évaluer des items des compétences 1, 4, 6 et 7.

Nous utilisons les ressources du site Eduscol de la compétence 3 : des problèmes clé en mains, sujet, annexes et aides possibles, tout est déjà fait. Au départ, cela a permis de ne pas se noyer sous des questionnements qui auraient pu nous empêcher de nous lancer.

Et les élèves ? Le socle leur paraît concret et possible à obtenir, contrairement au DNB pour certains. Le passage par des entrainements en groupes est bénéfique pour qu’ils osent se lancer alors que l’énoncé est souvent dense ou leur paraît obscur. Comme le premier travail est l’occasion pour eux de décider quels critères et indicateurs vont servir à l’évaluation, cela les motive et rend plus réelle la production attendue. Quant aux sujets proposés, ils permettent aux élèves de donner du sens aux apprentissages passés, voire de les motiver pour ceux à venir. Bénéfices pour tous !

Anne-Marie Sanchez

Professeure, collège Le Village, Trappes (78)

co-auteur de Socle commun et compétences, ESF, 2011

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Cette entrée a été publiée le 14 mars 2012 par dans Témoignages.

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