LE SOCLE COMMUN, promesse démocratique

Témoignage : le socle, une aventure hors du commun

Dans notre établissement, nous avons dès 2007 entrepris de mettre en place le socle commun en équipe, en axant sur les nouvelles pratiques communes, que ce soit la collégialité, la transversalité, l’interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité.

Cette entrée en équipe nous a permis de nous confronter tout de suite aux problématiques d’une évaluation « à plusieurs mains » et nous a obligés à travailler en transparence, tant au niveau de nos programmes disciplinaires qu’au niveau de l’harmonisation de nos exigences et de nos critères de réussite.

Il nous a semblé nécessaire de doter de contenu d’apprentissages certains items transversaux, détachés des programmes disciplinaires, en les déclinant notamment sur les 4 niveaux pour construire ces items dans la durée.

Comment construire par exemple l’autonomie d’un élève et sur quels critères, acceptés par tous, poser une évaluation certificative à la fin de la 3ème ?

L’interdisciplinarité n’a jamais éloigné les enseignants de leur discipline, bien au contraire.

Le changement de pratiques, construit sur les items transversaux, s’est répercuté naturellement sur les différentes pratiques disciplinaires, et ce recentrage disciplinaire a permis ensuite d’enrichir les réflexions pédagogiques d’équipe, notamment sur les pratiques d’évaluation ou l’intégration des tâches complexes dans les activités de classe.

Nous avons remis en cause nos pratiques d’évaluations. Nous avons réfléchi aux apprentissages invisibles, relevant du « no man’s land disciplinaire», qu’on évalue sans que personne ne les ait jamais enseignés. Nous avons appris à différencier notre pédagogie, tant au niveau des apprentissages que de l’évaluation. Nous nous sommes auto-formés en équipe sur la dynamique motivationnelle, sur la pédagogie de la remédiation, sur l’évaluation par compétences, sur les corrections différenciées, sur les profils d’apprentissages et sur l’analyse de pratiques.

Dans notre établissement, les progressions annuelles disciplinaires sont à la disposition de tous, des projets interdisciplinaires sont évalués par compétences sur tous les niveaux, des évaluations transdisciplinaires évaluent la mobilisation de ressources pluridisciplinaires, des cours interdisciplinaires sont inscrits à l’emploi du temps de certaines classes, pour permettre la construction de compétences transversales ou d’attitudes, des stratégies de remédiation sont proposées aux élèves en difficulté, ainsi qu’une heure de débriefing en fin de semaine, pour développer avec les élèves des discussions pédagogiques autour de leurs échecs et de leurs réussites.

C’est un établissement classique, avec une dotation de moyens identiques à la moyenne.  Mais le socle commun a été  le levier pour apprendre à nous connaître, à progresser professionnellement et à nous créer le cadre de travail dont nous avions envie.

Céline Walkowiak et Francis Blanquart

collège de Loos (Nord)

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Un commentaire sur “Témoignage : le socle, une aventure hors du commun

  1. gcarondk
    20 mars 2012

    J’aime beaucoup l’expression « no man’s land disciplinaire » … et il est souvent à l’origine de biens des difficultés scolaires … en tout cas bien davantage que les contenus disciplinaires purs.

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Cette entrée a été publiée le 14 mars 2012 par dans Témoignages.

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